Contexte de la ferme
Damien Nicolas est installé depuis 25 ans à Égalayes (Drôme) sur une ferme de 20 ha, avec ses deux fils. Initialement en élevage laitier, il a progressivement réorienté son système vers la culture de lavandin pour des raisons économiques.
Les parcelles sont hétérogènes, majoritairement argilo-caillouteuses, avec du relief et des situations en pente. Pour limiter l’érosion, des engrais verts sont implantés dans les inter-rangs. Les lavandes sont plantées à 50 cm sur le rang, avec 1,60 m entre rangs.
Problème rencontré
Les lames Bâteliers ramenaient les plantules d’adventices au pied des lavandes. En conditions humides, celles-ci finissaient par reprendre racine et se développer à nouveau.
Solution mise en place (outil)
Damien et ses fils ont adapté le principe des lames Bâteliers pour éviter cet effet.
Les lames ne sont plus inclinées mais droites, et montées sur un système coulissant actionné par vérin. Elles se déplacent latéralement pour passer au plus près de chaque plant.
Ce fonctionnement permet d’éjecter les adventices sur le côté, au lieu de les ramener au pied du lavandin. L’outil est surtout utilisé sur les jeunes plantations (3 à 4 premières années).
Principe de fonctionnement
Les lames travaillent en scalpage et sectionnent les racines des adventices. Contrairement aux Bâteliers classiques, elles ne s’écartent pas mais se déplacent ensemble de gauche à droite entre les plants.
Des « moustaches » servent de repère visuel pour la profondeur et participent à l’émiettement des mottes.
Caractéristiques
• Lames issues de récupération de charrue
• Réservoir d’huile provenant d’une ensileuse
• Structures métalliques récupérées sur d’anciens poteaux EDF
• Cuve hydraulique : 20 à 30 L (fonctionnement possible avec 15 L)
Coût : environ 1000 € de fer (majoritairement de récupération) et 3000 € pour l’hydraulique
Temps de fabrication : 1 semaine
Vitesse de travail : jusqu’à 3 km/h (nécessite de la précision)
Puissance nécessaire : environ 30 chevaux
Retours
Plusieurs évolutions ont été apportées :
• ajout d’un circuit hydraulique autonome (cuve + commande), permettant de dissocier le fonctionnement de l’outil du relevage du tracteur
• renforcement du pied des lames (essieux de charrette) suite à des déformations en conditions caillouteuses
L’outil donne de bons résultats, avec peu d’adventices restantes au pied des plants.
Points de vigilance
La hauteur de travail dépend du tracteur, ce qui peut entraîner un enfoncement excessif des dents. Une bonne communication avec le conducteur est nécessaire pour ajuster le relevage.
L’ajout de roues de jauge permettrait un meilleur suivi du terrain.
Par ailleurs, le système hydraulique manque de réactivité : une pression plus élevée améliorerait le temps de réponse des lames.
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